cerridwen a écrit : "
Les associations faisant appel à la générosité du public sont aujourd’hui tenues de fournir leur comptes aux donateurs. Faute d’harmonisation dans la présentation des chiffres, faute d ’évaluation de l’efficacité réelle des actions, les particuliers prêts a verser leur obole ne disposent pas de critères de choix pertinents. Excédés. Pour une poignée de personnes qui loue l’abnégation des bénévoles et l’utilité des ONG, 95 % craquent devant le harcèlement dont ils sont victimes .
L’invasion de leurs boites aux lettres par d’incessantes sollicitations semble déplacée et souvent suspecte. Il s’agit pourtant de donateurs de longue durée et plutôt généreux. La politique de collecte de fond des associations veut que l’on sollicite d’abord les donneurs actifs, par une petite dizaine de mailings par an. Le phénomène tend a s’aggraver par la pratique de l’échange des fichiers de donateurs. Des questions se posent : les sommes engagées pour cette quête paraissent absorber une part trop notable des fonds recueillis qui ne le sont pas, dans l’intention des donateurs pour être dilapides en frais postaux , et aussi coûts d’impression et gaspillage de papier . Parfois, les envois sont même accompagnes de gadgets absurdes : sachets de sels de réhydratation, graines de mil , etc. … Tout cela sans compter le paiement des agences de communication, dont l’emprise sur le contenu n’échapera pas au lecteur averti. Les termes deviennent de plus en plus oppressants, agressifs et dirigistes, les photos nous donnent mauvaise conscience… Mais la remise en question de cette politique ne semble pas d’actualité . En bref, « plus c’est con, plus ça marche » selon eux. Il faut du rendement. Parlons maintenant de la transparence du fonctionnement des associations . A l’heure actuelle, seuls les rapports de la cour des comptes ou de l’ IGAS permet de se faire une idée de la réalité de la gestion de telle ou telle association , celles ci refusant par ailleurs de communiquer sur leur budget . Mais ils ne concernent que 2 ou 3 organismes chaque année . en parallèle existe le comité de la charte, structure crée par les association pour rassurer les donateurs, et au final, les inciter a continuer à verser leur obole . Jean Hervé Bradol, président de « médecins sans frontières» estime que cet organisme est juge et partie, qu’une telle autolabellisation ne semble pas pertinente. Il existe dans le milieu associatif un silence complice qui aurait bénéficié à l’arc. Tout le monde savait depuis des années mais personne ne voulait jouer le rôle de délateur. Et puis il y avait aussi le soucis de ne pas scier la branche sur laquelle on était assis. Tout un réquisitoire repris dans "frontières" (de Sylvie Brunel ), un roman sur la face cachée de l’humanitaire, ou rien n’est inventé. Du prénom de l’enfant dénutri que l’on modifie sur le mailing parce qu’il ne sonne pas assez chrétien, à l’ouverture et fermeture de missions au gré des enthousiasmes médiatiques ou des avatars géopolitiques conditionnant l’aide des états baladeurs de fonds. 
L'auteur de Frontières, Sylvie Brunel, sait de quoi elle parle ! Agrégée de géographie, elle a écrit des ouvrages très documentés sur l'aide au développement, en particulier Une tragédie banalisée, la faim dans le monde (Seuil, 1991).
Elle a aussi collaboré avec Médecins sans Frontières avant de diriger pendant une dizaine d'années, à partir de 1989, l'association ACF (Action contre la Faim). Elle en a démissionné avec éclat l'an dernier, en 2002.
Avec Frontières, elle exprime son ressentiment à propos d'un système humanitaire dévoyé de l'intérieur comme de l'extérieur... Ce livre passionnant offre de quoi alimenter de très longues discussions entre amis. un palpitant roman : le chassé-croisé d'un ingénieur et d'une infirmière au service d'une ONG dans un pays d'Afrique victime de la guerre civile. C'est aussi un essai dérangeant sur le «charity business» contemporain et les cruelles ambiguïtés qui pèsent sur les relations entre les ONG, les gouvernements occidentaux, les compagnies pétrolières et les dictatures locales . Frontières offre sous couvert d'anonymat (associations, personnages et pays sont fictifs...) un regard sur l'arrière-cuisine de l'Histoire contemporaine. 
Alors, l’argent est il vraiment utilisé pour remplir les missions que les statuts assignent à l’association ? quelle est l’efficacité réelle des interventions ? Il manque actuellement un contrôle extérieur sur l’ensemble des associations. Aujourd’hui, le donateur en est réduit a se fier a son feeling. Il y a certainement des indélicatesses commises, il y a aussi une bonne volonté, d’authentiques dévouements, des sacrifices…. Comme toujours, le meilleur côtoie le pire . Fabienne Maleysson Magazine que choisir n° 414 – avril 2004 "
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